En vérité,
ce que vous allez entendre de ma bouche, aujourd’hui, est
bien plutôt un crédo traitant des limites de la philosophie.
Car la philosophie, pour moi, ne saurait être qu’un
départ, un frissonnement de notre ordinateur neurologique,
permettant d’aller au-delà de toute pensée,
de tout concept.
L’exigence fondamentale que je vais tenter de formuler, en
ce jour, est celle d’une pensée qui se dépasse
elle-même, une pensée qui, après avoir sondé
ses limites, se mette elle-même hors-jeu pour permettre à
l’être d’accéder à l’infini.
Je ne voudrais nullement diminuer les mérites de cette première
phase de réflexion philosophique destinée à
nous rapprocher de l’indicible, de l’indéfinissable,
de l’incommensurable. Elle fait partie du grand tout. Mais
notre vie n’étant que l’un des multiples fils
d’une trame invisible et universelle, l’ensemble échappe
totalement à notre capacité cérébrale
Et cela est bien ainsi.
Car ça invite l’homme à faire preuve d’humilité
lorsque son cerveau tend à se prendre pour une lumière
universelle.
D’abord, il y a
une scène de la Bible. Des langues de feu pour lécher
une profonde brûlure.
« Je suis celui qui est », dit la voix du buisson ardent
à Moïse.
Pas celui qui a été.
Pas celui qui sera.
Non, celui qui est. Parce que celui qui EST est relié à
toute chose. Sa tête danse avec les étoiles et ses
pieds baignent dans les entrailles de la terre. Nul besoin, pour
lui, de se déplacer d’un point A à un point
B, car dans la géométrie de l’absolu, le but
est identique au point de départ, le sujet fait corps avec
l’objet.
L’espace et le temps sont des concepts abstraits, auxquels
seuls l’instant présent, porte sans cesse répétée
sur l’infini, permet d’échapper. Merveilleux
paradoxe : L’instant le plus fugace comme seule possibilité
d’éternité. Merveilleux défi : Etre toujours
et en même temps jamais arrivé, car rien n’est
jamais gagné, en ce bas-monde. Une porte ouverte la fraction
d’un instant peut être close un clin d’œil
plus tard.
D’autre part, ce qui est passé n’existe qu’en
tant que représentation intellectuelle, en tant qu’image
cérébrale déclenchant des regrets, de la mélancolie
ou, peut-être, un peu de satisfaction. Ce qui est passé
est de l’ordre du souvenir, une abstraction.
Le futur, lui, n’est également qu’une représentation
mentale. Il peut provoquer l’appréhension, l’espoir,
mais n’existe qu’en tant que projection.
Ce qui est commun au passé et au futur, c’est qu’ils
peuvent être pensés, qu’ils sont à la
portée de notre cerveau qui peut donc aisément les
disséquer, les organiser, les falsifier, les arranger à
sa guise.
Le corps se brosse encore les dents alors que notre cerveau se trouve
déjà projeté bien plus avant, à l’école,
en vacances, dans un futur hypothétique, virtuel, qui n’aura
finalement jamais lieu comme nous nous l’imaginons.
Pour le passé, c’est la même chose, dans l’autre
sens :
Pendant le repas, notre cerveau en est encore à digérer
la dispute de la veille, l’échec subi, l’occasion
manquée. Bref, il est partout, sauf à l’endroit
précis où la fourchette introduit un excellent morceau
de steak dans la bouche bien présente appartenant à
un être totalement absent.
« Je suis celui
qui est », dit la voix de Dieu dans le buisson ardent. Car
il est l’éternel présent, il est le brosseur
et la brosse à dents, le mangeur, la fourchette et le morceau
de Steak.
Regardez jouer les enfants.
Regardez-les se connecter à ce monde magique où tout
devient possible, cet espace intérieur du monde depuis lequel
celui qui est, le buisson qui brûle aussi au fond de nous,
nous offre le feuillage de son énergie inépuisable.
Regardez les femmes !
Pourquoi ont-elles toujours raison, même lorsqu’elles
ont tort ? C’est tout simplement parce qu’elles ont
objectivement tort en ayant subjectivement raison.
Je sais, c’est compliqué.
Pourtant, l’objectivité étant un concept abstrait,
théorique, impossible à appliquer dans la réalité,
la subjectivité, par contre, étant le propre de l’humain
dans l’instant vécu, elles ont donc tort en théorie,
mais raison dans la vie.
Parce que le buisson ardent, dans leur cœur, brûle plus
fort.
Parce qu’elles s’attardent à le sentir brûler.
Alors que nous, les hommes, nous pensons déjà à
planter le buisson suivant ou à arracher l’ancien.
C’est comme ça, on n’y peut rien.
Les femmes se permettent même d’arroser le buisson ardent.
Je sais, ça peut paraître absurde et prêter à
rire, d’arroser un buisson ardent, mais c’est pourtant
elles qui ont raison lorsqu’elles mélangent l’eau
et le feu sans que la première s’évapore et
le second ne s’éteigne.
Les femmes sont tout simplement des magiciennes.
Et nous, les hommes, des apprentis sorciers !
Quant au buisson ardent,
il ne se consume pas, malgré la pluie, le vent, le temps
qui passe et l’arrosoir féminin. Tous les buissons
jaunissent, perdent leurs feuilles, finissent par se dessécher.
Pas le buisson ardent.
Sa flamme est d’essence divine, ses branches sont du bois
dont se chauffe l’éternité.
Partant de cette image
et de quelques expériences personnelles, j’ai surtout
appris, depuis quelques années, à me méfier
de mon cerveau et de ses projections, cerveau qui sait si bien figer
les choses avant l’action et qui les justifie avec tant d’élégance
après coup.
Même celui qui EST ne s’y retrouve généralement
plus. A force de cogitation, la vie devient abstraction. Tel un
singe particulièrement habile, l’homme saute de branche
en branche sur l’arbre de ses représentations et oublie
peu à peu les racines invisibles de celui-ci. Or, un arbre
sans racines, c’est quelque chose de très instable
et de très sec.
Mais comment faire pour penser sans se perdre dans sa pensée
?
Comment faire pour ressentir sans se perdre dans son sentiment ?
Et comment faire pour évoluer dans un monde de matière
sans être possédé par ce que l’on croit
posséder ?
Pour réussir cet exercice, c’est le décalogue
que j’appelle à la rescousse : « Tu ne dois pas
te faire d’image de ton Dieu », peut-on y lire.
Car une image, ça fige, ça essaye de réduire
l’incommensurable à notre pauvre mesure d’êtres
humains limités. Souvent, aussi, ça rend con ! Car
une image, c’est trop net, trop facile, trop réducteur
pour saisir les méandres infinis de l’essence du monde,
des choses et des êtres. Une image est toujours une trahison.
Et pourtant, comment un être humain doté de réflexion
pourrait-il réussir l’exploit de ne pas se faire d’image
? C’est tout bonnement impossible.
La seule issue, c’est de donner un cadre flexible, fluctuant
à nos représentations, pour qu’elles évoluent
et s’adaptent sans cesse aux dimensions profondes que celui
qui EST nous fait découvrir à chaque détour
de notre vie. Voilà la seule vraie ouverture dont l’humain
est capable : Celle qui mène en profondeur, réfléchit
tout, mais ne retient rien pour ne pas se lester, ne pas s’encombrer,
ne pas s’engluer dans l’aspect matériel des choses
et leur apparence. Car derrière la multiplicité, derrière
le labyrinthe des formes, tout est un, tout se retrouve, rien ne
se perd. Voilà pourquoi l’esprit unit les êtres
et la matière les sépare.
Fort de ces constats préliminaires, la problématique
suivante coule de source : Comment un être se rendant compte
de la complexité du monde apparent, de la limite de ses représentations
mentales, peut-il parvenir à agir, à travailler avec
les données du réel, sans trahir une part de lui-même
?
Agir, c’est se restreindre. C’est ne plus avoir un éventail
de milliers de possibilités, mais en choisir une seule, et,
ce qui est plus difficile encore, l’assumer.
Agir, c’est courir le risque de l’erreur, de la simplification,
de l’inadéquation.
Agir, c’est abandonner tout un pan de ce que l’on aurait
pu devenir pour ne réaliser qu’une seule variante de
son être, les autres étant condamnées à
rester dans l’ombre.
De plus, l’occasion faisant le larron, il n’est même
pas certain que nous soyons vraiment libres de notre choix.
Heureusement qu’il y a, tout au fond de nous, celui qui est,
celui qui échappe à toutes les images, celui qui grandit
en nous durant toute notre vie pour nous guider vers notre deuxième
naissance, spirituelle, qui verra l’être de lumière
qui nous habite déployer ses ailes de feu.
Ce sera lui notre guide dans l’action. Mettons, en toute humilité,
notre intellect à son service, et il nous permettra d’agir
sans nous perdre.
En attendant, le monde
extérieur se mue peu à peu en chaos, en labyrinthe
de formes, d’images, de concepts contradictoires.
En cherchant à
tout transformer en science exacte, la psychologie, la pédagogie,
l‘économie, le droit et même la politique, l’homme
en arrive à ne plus rien comprendre à force de tout
vouloir expliquer. New public management, éducation 2000,
école vaudoise en mutation et pecaro sont autant de barbarismes
pour tenter de cerner dans des petites cases appelées modules
ce qui doit absolument échapper à l’homme, s’il
veut rester humain.
Vous ne me croyez pas ?
Essayez donc de trouver une cause rationnelle au sentiment d’amour
qui vous unit à votre compagne ou votre compagnon.
Vous voyez bien, c’est impossible.
Et ceux qui y seraient parvenus sont des candidats privilégiés
à la séparation ou au divorce.
C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’Orphée
perd Eurydice, en sortant du Hadès. Il doute, il veut des
preuves et se retourne pour saisir celle qui n’est encore
que pur esprit désincarné. C’est pour cette
même raison qu’Elsa de Brabant perd Lohengrin lorsqu’elle
veut connaître son identité.
A vouloir le définir, on tue l’amour !
A vouloir le penser, on perd l’instant présent !
A vouloir se faire une image de celui qui EST, on le trahit !
Pourtant, la pseudo-modernité
continue à ériger un labyrinthe dont les murs seraient
composés du mortier de l’objectivité.
Et le monde de faire semblant de croire à cette chimère
!
Et l’homme de se retrouve dans un labyrinthe dans lequel on
le perd pour mieux le contrôler.
Pour cela, il faut faire tomber les frontières façonnées
par l’histoire, faire tomber les limites invisibles séparant
les êtres, il faut coller la chair contre la chair, aplanir
toutes les valeurs, ôter tout profil, toute hiérarchie
aux choses de ce monde pour éviter que d’aucuns s’y
retrouvent, esquissant un semblant d’orientation.
Il faut que tout devienne produit et qu’une symphonie de Beethoven
se vende au même prix et de la même manière qu’une
vulgaire boîte de cassoulet.
Afin qu’il n’y ait plus le moindre espace pour celui
qui EST, parce qu’il se retrouve écrasé par
celui qui croit posséder.
Et quel est le résultat de cette démarche ?
Promiscuité, consumérisme débridé, perversions
sexuelles diverses, drogues, violence. Il n’y a jamais eu
autant de frontières invisibles, depuis que celles du réel
ont été aplaties sous les bulldozers de la soit disant
« ouverture ». Maintenant, c’est corps contre
corps, homme contre animal, opinion contre opinion, vide contre
vide.
Tout cordon sanitaire est imprudemment démantelé.
Les hommes se confondent dans un affreux mélange sensé
éradiquer les particularités, les individualités,
les racines familiales, religieuses et culturelles. N’est
plus que toléré ce qui est infiniment ressemblant
à tout le monde. Or, puisque « tout le monde »
est un concept abstrait qui n’existe pas dans la réalité,
l’homme moderne finit par ne plus ressembler à rien.
Or, ce rien, c’est précisément le néant
de la pensée unique, dite « moderne », qui s’emploie
à amplifier l’étendue d’un énorme
labyrinthe de formes pour submerger les quelques îlots de
sens, de signification. Une marée d’images virtuelles
cherche à noyer les contenus. Le débat est devenu
fictif, car ce que nous voyons s’affronter, dans le paysage
médiatique, pour offrir au public un semblant de jeux du
cirque, ne sont que des coquilles vides, des façades construites
par la fatuité de gens qui ont érigé l’égalitarisme
en dogme absolu. Ainsi, les idées sombrent, le marais du
prêt à penser pénètre les cerveaux pour
les engluer, les empêtrer et donc les empêcher de réagir.
Oh, je sais très bien de quoi je parle, puisque dans une
vie parallèle, je suis devenu l’une de ces images virtuelles
dans un jeu qui me dépasse et tente de m’assigner le
rôle de bouc émissaire préféré.
La liberté de penser, dans ce contexte, se limite à
réfléchir selon des catégories entendues, sur
la base d’images, de formes, de concepts préfabriqués.
Ainsi, Harry Potter prend-il en otage les rêves de notre jeunesse,
le « Blick » et le « matin » règlementent
le cadre de notre voyeurisme et l’industrie pornographique
celui de nos perversions. Tout ça organisé par des
individus prétendant faire tomber les limites ! Alors qu’insidieusement
ils en érigent d’autres, invisibles, beaucoup plus
efficaces, pour tenir les consciences en laisse.
Car le pouvoir n’est qu’un concept suranné face
à la griserie absolue que représente le contrôle.
Inutile de construire des prisons où le désir de liberté
ne fait que grandir, alors que le labyrinthe permet de faire oublier
aux gens qu’ils sont enfermés en leur offrant des pseudo-choix
à chaque carrefour.
Oublié, le sentiment d’emprisonnement !
Dépassé, le désir d’évasion !
Car l’évasion a été intégrée
au système lui-même. La liberté y est incluse,
prévue, aménagée. Inutile d’aller voir
ailleurs. Tout est dans le système. Voilà pourquoi
O’ Grady, dans « 1984 » de George Orwell peut
affirmer, sans mentir, que l’esclavage, c’est la liberté.
Il suffit simplement, pour cela, de s’entendre sur les formes
et la manière par lesquels on fait oublier l’absence
de contenus.
Afin de perdre définitivement l’homme, on a même
cherché à étendre le labyrinthe à son
âme. Pour cela, on s’est attaché à remettre
en question la notion d’individualité.
Ainsi, nous disent certains penseurs, celui qui promet n’est
plus celui qui doit tenir la promesse faite.
« Moi, est un autre », professe-t-on encore, «
et l’autre, c’est l’enfer ! »
Foutaises !
L’être est immuable. Le fond est. Point. Sans complément.
C’est la surface qui est fluctuante. Confondre les deux, c’est
se perdre effectivement.
Or, c’est à partir de ce fond immuable, terreau du
buisson ardent, qu’une reconquête du sens perdu redevient
possible.
Mais il s'agit d'intervenir ici et maintenant, sans plus attendre.
Nous devons rendre au monde son innocence perdue et son éternelle
jeunesse !
Une jeunesse qui ne soit pas un âge de la vie qui passe, mais
une source d’énergie inépuisable, sans cesse
renouvelée.
Elle habite autant l’adolescent que le vieillard, tant il
st vrai que le retraité enthousiaste et actif aura toujours
une longueur d'avance sur le jeune fumeur de joints au cerveau embrumé
par le cannabis et le sentiment d'être cool
Le monde attend d'être libéré de la pure matérialité;
la relativité veut être intégrée dans
l'éternel et l'incommensurable, la réalité
attend des solutions au-delà du saisissable, bref le crapaud
politique, économique et pédagogique attend le baiser
de la jeune princesse pour se transformer en prince charmant.
Ainsi donc, la jeunesse
est bien une attitude intemporelle, universelle, franchissant toutes
les frontières. On peut même aller jusqu'à dire
que le monde doit se rajeunir à tout instant, faute de quoi
il cesse d'être.
La jeunesse, c'est l'énergie qui déplace des montagnes
et qui permet de marcher sur l'eau.
La jeunesse, c'est la foi dans l'existence.
La jeunesse n'est pas jeune parce qu'elle ne compte qu'un petit
nombre d'années et elle ne doit pas seulement s'engager pour
elle-même et pour son avenir, non, la jeunesse est un don
intemporel et elle doit donc s'engager pour l'intemporel.
La jeunesse est capable de transformer l’instant présent
en une porte vers l'éternité, pour que naisse un monde
nouveau comme le papillon qui sort de sa chrysalide et déploie
des ailes resplendissantes de couleurs avant de prendre son envol.
Oh, je sais bien qu’il n’est pas si simple de s’élever
lorsque les sbires du grand contrôle souillent de boue nos
ailes fragiles avant même qu’elles n’aient eu
le temps de se déployer !
Déployons-les quand-même !
Secouons ces ailes, faisons tomber cette fange paralysante et prenons
notre envol de citoyens libres, critiques et constructifs.
Regardons devant nous, vers ce but qui nous fait signe de loin et
prenons bien soin de chaque centimètre qui nous rapproche
de lui.
Car le but n’est rien sans la voie qui mène à
lui.
C’est elle qui lui donne sa valeur.
Ce sont les moyens qui justifient la fin, non pas le contraire !
On nous cloue au pilori de l’opprobre public pour avoir osé
rêver?
La belle affaire !
On salit publiquement notre nom car nous osons permettre en cause
la toute-puissance du labyrinthe?
Qu’importe, puisque le présent nous anoblit et que
les vastes étendues du futur restent à conquérir.
Tirons simplement les leçons qui s’imposent et refusons
d’être hypnotisés par des ombres qui ne font
qu’annoncer la lumière émanant de nos cœurs.
C’est dans les
difficultés que se forgent les grands hommes !
C’est sous un déluge d’insultes que se fortifie
le caractère !
Plongeons notre regard
en nous-mêmes, sondons l’espace intérieur du
monde, trouvons-y la source de toutes choses et jamais plus, nous
ne douterons !
Jamais plus, nous ne reculerons !
Car soudain, une voie se révèlera à nous, limpide
et droite, et unique, qui nous permettra de ne jamais nous perdre
dans le labyrinthe des mensonges et des forfaitures du monde moderne.
Ainsi, nous créerons un monde nouveau en posant notre regard
sur lui !
Ainsi, nous en ferons l’exact reflet de la profonde sérénité
que nous serons allés chercher au fond de nous-mêmes.
Que fait Luke Skywalker au moment culminant de la guerre des étoiles,
au plein milieu de l’affrontement de l’électronique
et des machines ?
Il se débranche de tout, redevient tout simplement humain
et se laisse guider par cette petite voix intérieure qui
vaut toutes les cacophonies du monde alentour.
N’attendons pas du monde qu’il soit gentil avec nous.
Il nous haïra, si nous sommes épris de vérité
!
Et il nous méprisera, si nous faisons preuve de lâcheté
!
Cela n’a pas d’importance, tant que nous continuerons
à lui offrir en pâture notre grand cœur pour qu’il
y morde à pleines dents et que, dans cette morsure, il nous
fasse sentir combien nous sommes vivants et débordants d’amour
!
Dans cette lutte pour notre humanité, dans ce combat pour
reconquérir les espaces infinis de la spiritualité,
il nous faudra rester dignes face au mépris !
Impassibles face aux insultes !
Sereins face à la haine !
Et compréhensifs face à la stupidité !
Nous devrons également refuser d’être achetés,
de nous « racheter » une vertu en acceptant que l’on
mette notre tête à prix.
Car le silence n’est plus d’or, lorsque c’est
l’or qui impose le silence !
En cela consistera notre
victoire, dans le dépassement de nos faiblesses, de notre
cupidité, de nos rancœurs, de notre désir de
revanche.
Proclamons notre soif d’absolu avec force et conviction, agissons
en fonction de nos convictions, restons enfants de vérité,
mais surtout, respectons nos adversaires, d’autant plus s’ils
ont un comportement peu respectable !
Nulle force au monde ne pourra alors nous abattre ou nous détourner
de notre destinée.
Voilà les quelques
pensées que je tenais à partager avec vous, dans le
cadre de ce forum philosophique, et j’espère qu’elles
resteront dans vos cœurs comme un lointain écho, une
voix rassurante, un murmure consolateur dans les turbulences et
les turpitudes que la vie vous réserve.