Le
Nouvelliste, 17.11.204
Sexe et talibans, la
nouvelle formule à scandale d'Oskar Freysinger
Valais · Le conseiller
national UDC et professeur au Collège de Sion Oskar Freysinger
publie une nouvelle sur le monde taliban que le «Blick»
juge «porno». Le provocateur s'explique.
Vincent Fragnière
Publiant, dans son édition
d'hier, un extrait du nouveau livre de nouvelles d'Oskar Freysinger,
le quotidien suisse alémanique le «Blick» a trouvé
un nouveau qualificatif pour le conseiller national UDC valaisan.
Après le «poète pissoir», «le Pinocchio
menteur», voilà «l'écrivain porno»
qui a décrit, dans une nouvelle liée à la perception
de la sexualité dans le monde taliban, une scène de
relation sexuelle qui s'avère être une vengeance de
la femme envers son mari, chef taliban.
Edité en allemand
par la maison haut-valaisanne Mengis, le livre d'Oskar Freysinger
fait donc scandale le jour même de son vernissage qui s'est
déroulé hier soir à la librairie La Liseuse
à Sion. Devant une septantaine de personnes - dont une petite
dizaine d'UDC - l'écrivain, accompagné au violon par
une jeune artiste saviésanne, a lu des extraits de son livre
juste après avoir répondu à nos questions.
Le «Blick»
a publié un passage de l'une de vos nouvelles qui décrit
une scène d'ébats sexuels et l'a qualifiée
de pornographique. Que lui répondez-vous?
Oskar Freysinger:
- Que le site internet
de ce quotidien donne accès à des situations bien
plus pornographiques que cet extrait qui, sorti de son contexte
par ce quotidien, perd tout son sens. On en veut à l'homme,
pas au texte. Si j'étais socialiste, le «Blick»
n'aurait tout simplement rien publié ou alors m'aurait même
encensé comme écrivain.
Mais étiez-vous
obligé de décrire ces différentes scènes
dans les détails pour dénoncer le traitement fait
aux femmes ou aux homosexuels par le monde taliban? Ne pensiez-vous
pas que celles-ci allaient provoquer un scandale ou choquer?
- J'ai voulu montrer
les deux extrêmes du «toucher» qui est le titre
de la nouvelle. D'un côté, la pierre qui tue les femmes
coupables d'acte homosexuel et de l'autre la relation sexuelle.
C'est très révélateur, dans un pays comme la
Suisse où la liberté sexuelle est reconnue, que personne
n'ait été choqué par la lapidation des deux
femmes qui est bien plus violente, à mes yeux, que l'acte
sexuel décrié. De plus, qui a dit que la littérature
ne devait pas choquer? Cette nouvelle remue son lecteur, mais ne
l'excite pas d'un point de vue pornographique. Et, comme écrivain,
je n'ai de comptes à rendre qu'à mes lecteurs.
Et si ces lecteurs sont
vos étudiants du Collège de la Planta...
- Je n'y vois aucun problème
s'ils lisent la totalité de la nouvelle et non pas l'extrait
publié par le «Blick». Si l'on faisait le même
exercice avec des extraits de Céline ou Tournier qui sont
étudiés au collège, on aurait des passages
encore plus osés que le mien.
Vous vous proclamez écrivain,
mais vous serez perçu par la très grande majorité
de vos lecteurs comme le politicien UDC qui a déjà
été à la base de plusieurs scandales.
- Ce n'est pas mon problème,
car, personnellement, je n'ai jamais fait de lien entre mes écrits
et mon combat politique. D'ailleurs, vous ne trouverez rien de politique
dans mon livre, ni sur mon site internet consacré à
mon travail d'écriture. J'ai écrit cette nouvelle
sur le monde taliban après avoir consulté un site
internet sur le sort réservé à un nombre important
de femmes. Ça m'a remué et j'ai voulu remuer mon lecteur.
C'était mon seul objectif.
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