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Motion parlementaire: récusons le coup de force en Ukraine
Je demande au Conseil Fédéral de garder ses distances vis-à-vis des forces anti-démocratiques qui viennent de prendre le pouvoir en Ukraine.
Face au conflit en Ukraine, comme dans l'affaire syrienne, la Suisse s'est tacitement alignée sur les positions des Etats-Unis et de l'OTAN.
Cet alignement a pour couverture les décrets et les prises de parti de la «communauté internationale» qui ne représente aujourd’hui que la volonté d'une minorité d'Etats, rassemblant moins d'un sixième de l'humanité.
Or, ce qui s'est passé à Kiev pendant les jeux Olympiques de Sotchi est un coup d'Etat. Une foule de citoyens légitimement mécontents de la corruption et de l'incompétence de leur gouvernement a été utilisée comme bélier et bouclier humain par des organisations inquiétantes et belliqueuses. Je ne parle pas seulement des mouvements d'extrême droite néo-nazis qui, soudain, deviennent fréquentables, mais aussi de spin-doctors qui ont manipulé cette révolte de l'étranger ainsi que de membres des armées privées américaines et d’unités spéciales israéliennes dont la présence a été attestée à Kiev.
Certains n’ont pas hésité à mobiliser des mercenaires pour tirer à la fois sur la foule et sur la police afin d'acculer le pouvoir à verser le sang et de transformer une manifestation en guerre civile. Ceux qui ont fait cela étaient bien dans le camp de la révolution comme le démontre une conversation téléphonique divulguée entre le ministre des affaires étrangères estonien et Mme Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne. Une conversation dont l'authenticité a été confirmée.
Le premier décret du nouveau pouvoir de Kiev a été d'interdire l'usage de la langue russe, la langue d'une moitié de leurs concitoyens ! Les leaders extrémistes associés à ce pouvoir ont aussitôt promis la prison ou même l'extermination aux russophones de leur pays.
Voulons-nous blanchir à l'Est le néo nazisme que nous combattons si vigoureusement chez nous ?
Que restera-t-il de notre autorité morale si nous ne réagissons pas ?
Dans le même temps, la Suisse fait partie des pays intéressés à établir un libre échange avec la Russie. Sa position actuelle sur l’Ukraine est donc, en dehors de l’aspect moral, également contraire aux intérêts économiques de la Suisse.
( Motion déposée le 13 3 2014 au Conseil national par Oskar Freysinger.)