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La catastrophe est programmée

Actuellement, l’endettement de la zone Euro augmente de 1 Milliard de Frs.- par jour et les Etats unis de 2,4 Milliards de Frs.- par jour. Par minute, l’augmentation de l’endettement de la zone Euro est de 671 813 Francs !!
La Suisse fait exception, car elle est encore en mesure de rembourser par jour 4 273 224 francs. La démocratie directe et le fédéralisme ne sont certainement pas étrangers à cette gestion responsable des deniers publics.
En attendant, la somme des produits dérivés n’a fait qu’augmenter depuis 2008, prouvant que le système financier n’a pas tiré les leçons de la crise des Subprimes.
Ainsi, le montant global (planétaire) des dérivés planétaires s’élève-t-il désormais à 658 400 000 000 000 000 US dollars. En comparaison, le produit intérieur brut (BIP) annuel global n’est que de 73 454 493 000 000 !
Cela signifie qu’une perte de 2,5% de la valeur des dérivés globaux signifierait la destruction du BIP annuel des Etats Unis. Avec une perte de 11%, ce serait le BIP planétaire d’une année entière qui serait détruit !
Ces chiffres donnent le vertige et prouvent que le monde est en train de dériver vers l’abîme sans que quiconque puisse freiner cette évolution calamiteuse. Lorsqu’on constate que l’interconnexion entre les instituts financiers n’a fait que croître depuis la crise des Subprimes, on réalise que les risques n’ont fait qu’augmenter et qu’aucune banque et aucun pays ne seraient en mesure d’éponger une perte sensible dans le domaine des dérivés.
Dans ce cas de plus en plus prévisible, il est prévu de faire payer les contribuables.
J’en veux pour preuve le rapport qui, selon Reuters, est en préparation au niveau de l’Union Européenne, et qui se base sur un article technique du FMI validé par la Bundesbank, selon lequel l’épargne de 500 millions d’européens pourrait être saisie en cas de besoin pour des investissements à long terme, dynamiser l’économie et combler le trou laissé par les banques depuis la crise financière !
Et en Suisse ?
Chez nous aussi, la FINMA peut, selon l’article 49 d’une ordonnance basée sur l’article 28 alinéa 2 de la loi sur les banques, « ordonner que tous les fonds de tiers soient convertis en fonds propres ». Sont exclus de cette mesure les créances salariales ou d’assurance et les montants n’excédant pas 100 000.-.
Je viens de déposer un postulat au conseil national demandant d’abroger ce mécanisme scandaleux destiné à faire payer les citoyens pour les errements d’un système bancaire dont les agissements font de plus en plus penser à un gigantesque jeu de l’avion (http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20143201)
À la fin, quelques-uns seront gagnants, mais l’écrasante majorité des épargnants n’auront plus que les yeux pour pleurer.
À quand le réveil de la société civile face à la catastrophe planétaire qui s’annonce ?
Oskar Freysinger
Conseiller national et conseiller d’Etat