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C'est la civilisation qu'on assassine

Ils l’ont fait. En plein jour, en plein cœur de la Ville lumière, capitale de la patrie des droits de l’homme. Ils ont amené la barbarie au cœur de l’Europe en abattant froidement leurs frères humains qu’ils ont déshumanisés en les réduisant à des chiens galeux. Ils ont jugé légitime, selon leurs lois, d’abattre ces chiens d’infidèles pour les punir de leur liberté d’esprit.

J’ai beau exprimer ma plus profonde sympathie aux proches des victimes, il me semble que le verbe sonne creux, que les mots ne suffisent pas. Les mots. Les symboles. C’est en raison de leur force que les dessinateurs et collaborateurs de « Charlie Hebdo » ont été abattus. En les tuant, on a tenté d’éliminer le rire et le sens critique, les deux piliers essentiels de la démocratie, de l’État de droit, de la civilisation.

Une société civilisée se nourrit de l’esprit critique, cultive l’humour et le rire, les attitudes les plus libératrices de l’homme. 

Les fous de Dieu détestent l’esprit critique. Ils haïssent le rire. Car ils abhorrent la liberté.

En ce 7 janvier 2015, à Paris, des hommes et des femmes sont morts pour avoir osé être libres.

À travers eux, c’est la démocratie, c’est la civilisation qu’on a tenté d’assassiner au nom d’un dogme totalitaire.

Il reste à espérer que l’Europe saura enfin se réveiller de sa léthargie, de son attitude lénifiante envers la barbarie importée.

Sinon, demain, la Syrie, l’Irak et la Libye ne seront plus des territoires de mort et de désolation lointains, mais une réalité dans nos villes, nos rues et nos maisons.

 

Oskar Freysinger
Conseiller d’État et Conseiller national