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La politique autrement

 

La politique autrement

Cela fait huit ans que l’aventure UDC a commencé en Valais et bientôt quatre ans que je participe aux débats parlementaires sous la coupole fédérale, grâce à votre soutien et à la volonté de Dieu.
En chiffres, c’est peu.
En intensité, cela représente une chute de Niagara incessante d’évènements à maîtriser, désamorcer, planifier, amplifier et déjouer.J’en suis venu à me demander s’il y avait une vie avant la politique.Et parfois, dans les moments de fatigue, s’il y en aura une après. 
Ce qui m’a donné la force de tenir la dragée haute à tous les bienpensants gauchistes et moralisateurs béats, ces dernières années, c’est avant tout le sentiment d’avoir une mission à accomplir.Cette mission consiste à être une voix discordante dans l’harmonie trop parfaite du consensus mou. 
J’ai osé l’impensable : Proclamer que la  vérité existe dans un monde qui a décrété la mort de toute vérité.
J’ai osé être le porte-parole de quelque chose qui me dépasse infiniment, dans un monde qui n’accepte rien au-delà de ses propres limites.
J’ai osé dire que le PACS est une aberration juridique.
Que l’avortement rendu systématique par la solution des délais est un holocauste invisible.
Que l’immigration massive et incontrôlée est un danger pour la cohésion sociale.
Que l’adhésion à des entités supranationales ne peut se faire sans diminuer l’impact du peuple souverain sur les décisions politiques.
Que l’Etat ne doit pas devenir la nounou des citoyens responsables.Qu’un soldat sans fusil, c’est comme un couteau sans lame.
Qu’être Suisse, c’est une question de valeurs et que ceux qui refusent ces valeurs n’ont rien à faire chez nous.  
Pour faire tout ça, j’ai dû choisir des armes adaptées.J’ai fait des concessions au monde des formes et des illusions en devenant une ombre parmi les ombres dans des jeux de lumière troubles. J’ai accepté de devenir une image virtuelle et forcément superficielle pour combattre les images dans leur propre monde.J’ai hanté les écrans télévisuels et les ondes comme d’autres images errantes. J’ai joué avec le diable en le tirant par la queue. 
Mais comment ai-je fait pour ne pas me perdre dans ce labyrinthe qui rend les fous joyeux ?Comment suis-je parvenu à maintenir le cap sur une mer démontée par les vents contraires ?
Tout simplement en revenant chaque soir à l’essentiel, en me retrouvant moi-même au contact de ma famille et de mes amis et, plus encore, dans la solitude méditative que l’on n’ose presque plus appeler prière. Cela m’a permis de ne pas devenir creux au contact du vide, cassant à force de recevoir des coups, haineux face à la haine, idiot face aux lieux communs proférés comme des vérités. 
Ayant compris l’importance de l’image et des émotions dans le paysage politique, j’ai tenté de donner un visage à la vérité, une voix à l’indicible, je suis devenu mouvement sans perdre le contact avec l’immuable. 
Bien sûr, tout ne fut pas parfait.
Les images se sont parfois vengées, les émotions retournées contre moi, j‘ai parfois joué la partition avec tant de passion que celle-ci s’est joué de moi. 
Malgré cela, je suis certain d’avoir fait émerger quelque chose de vrai, un espoir, une confiance retrouvée dans l’acte gratuit, un langage sincère. 
Optimiste de nature, j’ai semé sans me soucier des récoltes.Je me suis battu sans compter les coups reçus.Je suis resté libre dans un monde de chaînes invisibles.Jamais, toutes ces années, je n’ai succombé à la tentation de la facilité, aux prébendes alléchantes et aux postes lucratifs qu’on me faisait miroiter.Tel Ulysse attaché à son mât pour résister aux voix des sirènes, je suis resté attaché à ces valeurs immuables qui nous avaient amenés, avec quelques amis, à fonder l'UDCVR en 1999.
Personne ne nous donnait une chance de durer, alors.Et pourtant, nous sommes toujours là. Et nous menons la vie dure à la durée qui ne devait pas durer.Nous sommes toujours là, parce que nous ne sommes pas là pour nous-mêmes, mais pour un idéal basé sur l’amour.Un amour transcendant, mais sévère.Un amour qui demande de choisir entre le chaud et le froid pour échapper à la tiédeur qui rend paresseux et indolents les esprits les plus affûtés. 
J’ai prêché de l’eau, c’est vrai, mais j’ai aussi bu de l’eau.
J’ai prêché le pain sec de l’opposition et j’ai croqué ce pain sec à pleines dents.
Mon dentiste peut en témoigner.
Je vous ai demandé de partir à l’assaut et, le premier, j’ai pris d’assaut les barricades du prêt-à-penser.Car le meilleur des discours, en politique comme dans l’éducation, restera toujours l’exemple.
Certains, parmi mes adversaires directs, ont érigé la contradiction en absolu, l’inconstance en dogme et l’incohérence en vertu. Ils prêchent l’eau, mais ils se soûlent des meilleurs crus à vos frais. Ils prônent le pain sec, mais ils se gavent de foie gras. Certains sont même devenus chefs de cave chez Gilliard pour être plus proches de l’ivresse. D’autres ont choisi la Migros pour être plus proches de la bière de Denner et loin des soucis des viticulteurs. 
Ce comportement n’a qu’un nom : trahison.Et son châtiment sera cruel, car il sera insidieux, lent comme un poison distillé à petites doses et amer comme une liqueur frelatée.C’est devant le tribunal de leur âme que ces gens devront répondre de toutes leurs petites trahisons, leurs compromissions à la petite semaine, leur hypocrisie. 
Les combats politiques se perdent parfois, les combats pour la vérité jamais. Car la vérité est une victoire en soi dans un monde de mensonges, quels que soient les résultats électoraux obtenus. 
En octobre, je vais me présenter une fois de plus devant le souverain, c'est-à-dire le peuple. Autrement dit, je serai confronté à moi-même et me mesurerai à l’échelle de mon idéal.
En tant qu’élu sortant, le défi sera double pour moi, car la réponse du souverain à mon action déterminera mon destin personnel en politique. 
Je suis confiant, cependant, car ce souverain, je l’ai toujours pris au sérieux, depuis le jour même de mon élection au parlement fédéral. Inlassablement, j’ai communiqué avec lui, je l’ai écouté aussi, et en ai représenté une frange oubliée par les médias et le politiquement correct. J’ai agi ainsi car j’ai l’intime conviction que les combats futurs concernant notre pays ne se gagneront pas au parlement, qui est en grande partie acheté par de puissants lobbies, dont la plupart des représentants ne cherchent qu’à accumuler les postes honorifiques et les conseils d’administration lucratifs.  
Aucun combat ne peut durablement être gagné dans ce contexte.  
Voilà pourquoi je me suis adressé, dès le premier jour, au peuple souverain. Lui seul a la légitimité de forger son propre destin, lui seul détient le pouvoir, c’est lui qu’il me faut convaincre. Car le combat ne peut être gagné que dans les cœurs et les têtes. Si nous parvenons à gagner le cœur et la tête des citoyens, nous retrouverons notre dignité, nous rétablirons cette liberté que l’on nous ôte un peu plus tous les jours au nom d’une nouvelle morale érigée sur l’absurdité, ce nouveau dogme d’une gauche qui est passé, en quelques décennies, des sardines en boîte aux œufs d’esturgeon.
Tout ça, évidemment, aux frais du contribuable. 
Si, demain, la Suisse devait adhérer à l’UE, les deux tiers de nos lois actuelles deviendraient obsolètes et notre pouvoir de décision serait réduit à peau de chagrin !J’en veux pour preuve qu’à l’heure actuelle 85% des lois qui déterminent le quotidien en Allemagne sont promulguées à Bruxelles. Et d’après un récent sondage, le peuple allemand ne le sait même pas.
Il est donc inutile de s’agiter dans les travées d’un parlement dévoyé, sauf pour certaines actions bien précises et concrètes ! Il est inutile de s’époumoner devant un microphone qui ne trouve pas d’oreilles dignes des sons qu’il amplifie.
Le combat doit être porté dans les rues, les chaumières, les ateliers et les bureaux.
Le combat doit être mené dans la vie sociale et économique elle-même.
Chaque coin de rue, chaque place, chaque salle de réunion doit devenir une extension du parlement, un lieu où la politique se vit, se discute et s’anime dans l’esprit critique des citoyens.
Là où les autres partis produisent des effets de lumière, je serai une ombre.
Là où ils privilégient les palais, je hanterai les cabanes de jardin.
Lorsqu’ils occuperont les places et les parvis, je rassemblerai mes amis dans les catacombes. 
Si, pour redonner à notre pays son âme perdue, il faut subir les insultes et les quolibets, nous les subirons.Si, pour faire triompher la vérité, il faut se faire traiter de menteurs, nous accepterons d’être ainsi traités.
Chers concitoyens qui me lisez!
Si, pour sonner le retour de la responsabilité civile, il est nécessaire de passer pour des gens sans cœur, nous offrirons notre cœur en pâture de la vindicte médiatique. Car nous n’avons cure des monopoles érigés par la gauche. Nous les briserons par la force de notre honnêteté. Nous rendrons leurs lettres de noblesse à des arts prétendument démocratisés, nous rendrons sa dignité à l’artiste que le gauscisme a transformé en assisté, nous referons de l’école un lieu d’apprentissage empreint de respect et de recherche d’excellence. 
La liberté est à ce prix!
Elle est au prix de la responsabilité !
Elle est au prix de la contrainte librement assumée ! 
Se reconnaître dans l'UDC, c’est dire non à la facilité.
Etre UDC signifie choisir un chemin menant à la vérité, un chemin caillouteux encombré de ronces et d’épines.
Etre UDC, c’est refuser les autoroutes de la facilité, c’est se révolter contre le goudron ramolli du consensus à tout prix.
Je ne promets pas des lendemains qui chantent, je ne promets pas la facilité, je ne vous dis même pas que je connais les réponses à toutes vos questions.Ce que je vous promets, c’est de rester fidèle à mon engagement, pour nos familles, nos racines, nos traditions, c’est de bâtir la Suisse de demain sur un socle solide et non pas sur les sables mouvants d’opinions fluctuantes. 
Ce que je vous offrirai, à travers mon combat, vous l’avez depuis toujours dans vos mains, dans votre cœur. Je ne puis vous donner autre chose que ce que vous êtes.Je ne puis vous donner d’autre foi que celle qui vous habite, d’autre courage que celui qui gonfle votre cœur.
Je continuerai, comme jusqu’à présent, à travailler les consciences, secouer les tabous, labourer les lieux communs.Je continuerai à poser les questions qui dérangent.Les réponses, c’est vous qui les connaissez, c’est vous qui me les donnerez.
C’est pour ça que vous m’avez élu il y a quatre ans, c’est pour ça que vous voterez UDC le 21 octobre.
Pour que l'aventure continue.Pour que la chienlit ait un contrepoids politique.  
Sinon, autant choisir les éoliennes, les caméléons, les marchands du temple et les pharisiens. Ils sont légion et leurs promesses font fleurir des brassées de pissenlits dans les illusions des imbéciles heureux. Ils ont le bras aussi long que la liste de leurs intérêts particuliers, l’embonpoint aussi rebondi que leur porte-monnaie et le discours aussi social que leur cupidité.    
Si vous me faites à nouveau l’honneur de m’accorder votre confiance, je serai, plus que jamais, votre glaive et votre bouclier, votre plaie et votre guérison, votre colère et votre joie. 
Je serai un homme, tout simplement.
Etre un homme, ça signifie beaucoup, par les temps qui courent.Car avoir une colonne vertébrale est un privilège et une grande responsabilité à l’ère des mollusques.
Se tenir debout lorsque les autres se couchent, ça comporte le risque de s’exposer tout seul aux vents contraires.
Se tenir debout, ça demande de la pugnacité et du courage.Ce courage, c’est votre confiance qui me le donne depuis des années et me l’accordera demain pour les combats futurs. Pour cela, pour votre amitié et votre fidélité, je n’ai qu’un mot : MERCI !!!
Merci à ceux qui travaillent dans l’ombre, ceux qui payent de leur personne et organisent la vie de notre parti dans les coulisses.
Merci à ceux qui acceptent d’être candidats et s’exposent à mes côtés aux insultes et aux coups bas.
Merci de me faire confiance le 21 octobre, dans le secret des urnes.
Merci d’être la phalange de l'ombre dont je sens l’énergie positive, le souffle spirituel dans mon dos.
Merci pour le Valais, la Suisse, merci pour notre passé et le futur de nos enfants. 
   
Oskar Freysinger